vivre libre

la liberté le roman de Stéphane Ternoise

: la liberté recevoir les citations et le livre
Liberté, j'ignorais tant de Toi
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EXTRAIT :

Lundi matin, sept heures, putain de réveil, je me sens pas en état, va pour des congés maladie, un chaud et froid sûrement, à bientôt Thérèse. Poésie apocalyptique d'Hubert-Félix Thiéfaine. Invoquer une charge exceptionnelle de travail pour éviter les questions maternelles et ne voir, de la semaine, qu'un docteur, un docteur pris au hasard des pages jaunes, un brave homme compatissant sur vos malheurs, peintre à ses heures pas perdues, volontiers historien philosophe de l'exacerbation concurrentielle du monde :
- De mon temps, après les études, même pendant, on pouvait s'octroyer une année sabbatique, partir à Katmandou, aux Amériques, sacoche en bandoulière, révolte à la boutonnière, revenir avec cette force de ceux qui ont vécu autre chose, on était certain qu'au retour, le moindre diplôme, ou du courage, permettait de vivre normalement, s'insérer on dirait aujourd'hui. C'est cela le plus dommageable : vous les jeunes, vous n'avez plus de temps pour les gestes gratuits, on ne vous pardonne plus la moindre erreur. Ah ! voyager ! Enfant ils disaient : quand tu seras grand. Mais les promesses des grandes personnes ne sont jamais tenues. Plus tard la liberté fut reportée à la majorité. Puis il fallut travailler. La peur de la pauvreté, du chômage, succède à celle du croque-mitaine et sa copine Marie Groette. L'adolescent a rêvé (souvent à la suite d'émissions télé) Jamaïque, tropiques, Grand Canyon, Everest, étendues sableuses martiniquaises, trésors du triangle d'or, Singapour, ailleurs Beaudelairiens, l'adolescent s'est vu 'le corps fou dansant sur la colline', chef indien seigneur des plaines, enchanteur des scènes ludiques, petit prince héros des cinq continents... et l'adulte arbore son titre, numéro trois du service informatique, sorti de la masse depuis deux mois, avec bureau personnel et appellation officieuse d'adjoint de l'adjoint. Pitoyable constat : l'adulte ne croit plus à ses rêves d'enfant, l'adulte ne verra jamais autrement que par photos ou écrans interposés, ou avec des yeux de touriste, les terres qui agitent son imaginaire les soirs sans stress.
Et ce fut une véritable déprime, celle du fiancé délaissé masquant celle, plus profonde mais alors inconsciente, d'un jeune dans les rets du conformisme, rebaptisé consensus. Mais incapable de renoncer aux petits avantages procurés par les geôliers capitalistes, donc embrigadé, à la dérive.
Trois ans plus tard, lors d'oisifs après-midi avec Mathieu, il prétendra expliquer politiquement ce vague sentiment diffus d'immense vide.
Didactique, il prétendra déjà tout comprendre :
- Depuis la chute du mur de Berlin, les arrivistes arrivés exigent que soit jeté 'le mirage de Karl Marx' avec son utilisation stalinienne. En un coup de baguette tragique, fi des luttes de classes, place à l'ordre mondial décrété immuable ; tout récalcitrant subit la vindicte générale, fiché vilain perturbateur, anachronique fanatique écervelé. Ce qui apparaissait comme une joyeuse ambition durant les seventies n'est déjà plus d'actualité. La chute du mur de Berlin a dévoilé la cynique utilisation du dernier rêve commun de l'humanité : la jeunesse se mobilisait pour l'avènement d'une démocratie sans frontière, s'enthousiasmait à l'idée du grand soir de la fraternité planétaire, et les dirigeants occidentaux souhaitaient se débarrasser du communisme, alternative officielle du capitalisme. La jeunesse et le pouvoir ont uni leurs forces mais le pouvoir jouait un double jeu et, plutôt que de se précipiter protéger des nauséabondes résurgences les peuples libérés, les dirigeants occidentaux ont claironné leur victoire, méprisé la jeunesse : 'ne rêvez plus d'autre chose, le capitalisme est l'unique manière d'organiser la société'. Tant pis pour les millions perdus au bord du chemin en France, les milliards de par le monde.





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